Tout ce qui est rouge – M-C. Horn -2015

Extrait:

« Elle voulut se redresser et le mouvement lui scinda le bas-ventre d’une vive douleur. Par réflexe elle serra son sexe et s’étonna de la sensation gluante sur sa main. Portant les doigts devant son visage, elle retint un cri. Ils étaient maculés d’un sang rouge brunâtre, très différent de celui de ses menstruations, et de toute façon ces dernières ne devaient pas se manifester avant une dizaine de jours. La vue du magma foncé l’hypnotisait. Il glissait sur sa peau, poissait le bout de ses phalanges, et les remous qu’elle lui imposait modifiaient la couleur en nuances nouvelles. Elle se leva, étrangère à la douleur et aux taches coagulées imprimées entre ses cuisses, puis se dirigea vers le chevalet abandonné au centre de la pièce. Face au dessin, elle plongea son index à la source du sang et doucement, par appositions très précises, elle en colora la toile. »

Synopsis:

Nicolas Belfond est responsable de l’unité carcérale de l’hôpital psychiatrique de la Redondière. Un établissement où, depuis 22 ans, Corinne Faller dite « le piaf » est incarcérée. Corinne était une étudiante en art fort prometteuse jusqu’à ce qu’elle tue son mari à coup de couteau. Irène Volluz, 53 ans, infirmière, licenciée brutalement quelques mois plus tôt par Nicolas est retrouvée morte dans les bois d’Echallens. Vêtue d’une perruque rose, de bottes brunes et d’une robe bleue remontée jusqu’à la taille, son sexe a été découpé au scalpel, une feuille blanche insérée sur le dessus de la plaie. Un appareil auditif, ne lui appartenant pas, fiché dans son oreille.

L’inspecteur Charles Rouzier est chargé de l’enquête et très vite Nicolas qui avait, à l’époque de son licenciement, proféré des menaces de mort à l’encontre d’Irène, se retrouve dans la ligne de mire de la police.

Ce dernier nie toute implication et découvre, grâce à Christine Oliveira, art-thérapeute à la Redondière, que la scène de crime d’Irène Volluz est l’exacte composition d’une toile de Joseph Hofer, peintre reconnu d’art brut. Toile où l’on voit une femme avec une perruque rose, des bottes brunes, une robe bleue remontée à la taille, le sexe gratté pour laisser apparaître le blanc de la feuille…Et de plus, Joseph Hofer était sourd… Indice qu’il transmet bien évidement à l’inspecteur Rouzier.

Mais ce n’est malheureusement qu’un début…les toiles vont se succéder…toutes plus terrifiantes les unes que les autres et Nicolas se retrouve alors pris dans un drôle d’engrenage !

Commence une bien étrange enquête mêlant l’univers psychiatrique à celui de l’art brut. A la poursuite d’un tueur en série qui transforme les cadavres de ses victimes en œuvre d’art…

Ce que j’en pense…

Un seul mot: Une bombe !!! Un livre palpitant, impossible à lâcher. Une intrigue géniale et menée de main de maître. Un style parfait, travaillé, très graphique où rien ne manque. Une plume vive, directe, forte, parfois crue. Un petit côté Vargas comme plusieurs l’ont dit. Un descriptif de l’univers psychiatrique carcéral comme si on y était, admirablement défini. On apprend sur l’art, on découvre la folie, bien réelle de ces artistes. On tournoie dans ces univers à en attraper la nausée. Des personnages tous complexes et complets dans leur descriptions. Attachants, touchant sans être mièvre et ça c’est top. Une présence policière finalement très peu présente et ça n’enlève rien au suspens et à l’intrigue, bien au contraire. Mais le must reste ce divin mélange entre le crime, la psychiatrie et l’art brut. Mélange de ses différences qui n’en sont pas vraiment puisque que quelque part tout est lié.

On essaye de comprendre qui ? Quoi ? Comment ? Avec les indices savamment laissé ici et là….jusqu’à en rester sur le cul ! Eh oui !!!

On retrouve avec plaisir l’inspecteur Rouzier de « la piqûre » et la petite allusion à « la malédiction de la chanson à l’envers » m’a fait sourire, surtout dans ce contexte 😉 D’ailleurs, en parlant des autres ouvrages du même auteur, je vous glisse un truc à l’oreille, puisque j’y suis. Y en a un autre qui est absolument génial, c’est pas un polar, c’est un truc qui ressemble à rien d’autre. C’est piquant, caustique, drôle, touchant, émouvant. Le titre: « Le nombre de fois où je suis morte » et c’est, aussi, à lire absolument !

Fan des premières heures de Marie-Christine que je connais depuis pas mal années, j’avoue avoir été totalement bluffée par cet ouvrage. L’ai fini, posé et me suis dit  » Oh la vache » Putain le truc » « Ah ouais Marie, là …tu t’es défoncée !  »

Bref vous l’aurez compris, vais pas m’étaler de plus. Un gros coup de cœur, une pépite, que dis-je ? Une mine qui se doit d’être explorée. Que vous fassiez partie d’un mouvement vert pour la protection des arbres ou quoi que ce soit d’autre, peu importe…Y a des circonstances atténuantes. Ce livre DOIT être dans votre bibliothèque !!!

Et surtout…. bonne éclate !!!

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