Ce qu’il nous faut c’est un mort – H. Commère – 2016

Extrait:

« Un accident de voiture au milieu de la nuit, une naissance, le grand amour ou un viol, qui sait comment les choses arrivent ? »

« Du haut de ses 19 ans, le meilleur est déjà derrière elle, quelques secondes durant lesquelles tout est encore possible, la vie comme un cadeau. Elle pourrait l’interroger sur les raisons de sa présence ici, peut-être lui dirait-il qu’il l’a suivie depuis le coin de la rue, s’est faufilé derrière elle quand elle entrait dans l’immeuble, ou qu’il la piste depuis des semaines, comme il en suit plusieurs autres et que ce soir est le grand soir, peut-être appellerait-elle au secours si elle le voyait enlever sa ceinture pour la fouetter avec, ou bien lui demanderait-elle ce qu’il est en train de faire, peut-être un geste ou un mot suffiraient-ils à modifier le cours des choses. Mais rien de tout cela n’arrive. Marie Damrémont remplit un verre d’eau pour celui qu’elle aime bien sans rien savoir de lui, et lui rugit intérieurement. Il va la frapper, elle va crier, il va lui marteler que les appartements voisins sont vides, les gentils étudiants pleins d’avenir sont tous chez leurs parents, il va arracher ses vêtements, son manteau léger trop femme, sa culotte Cybelle, il va la forcer, son sexe dans sa bouche en la tenant pas la nuque, lui prendre les mains, les cuisses, tout lui faire pendant une demi-heure interminable et la laisser hagarde, du sperme et du sang plein ses larmes, recroquevillée sur le sol en la traitant une dernière fois de pute avant de déguerpir. »

Synopsis:

C’était la nuit du 12 juillet 1998, l’équipe de France est championne du monde de football et cette nuit restera gravée dans bien des mémoires. Dans la mémoire de Marie Damrémont qui s’est fait violer. Dans la mémoire de William, élève de l’école de police, qui a rencontré, cette nuit-là, celle qui deviendra sa femme. Dans la mémoire des parents de Mélie qui vient juste de naître. Mais surtout dans la mémoire de trois jeunes garçons, Vincent, Patrick et Maxime qui après une sortie bien arrosée, roulent à flanc de falaise à bord de leur 205 GTI et percutent une jeune femme, Fanny Cali, qu’ils laissent pour morte au bord de la route après avoir pris la fuite. 20 ans plus tard, nous sommes toujours à Vrainville en Normandie. Les ateliers Cybelle, entreprise fabriquant des sous-vêtements féminins depuis presque 100 ans, est bien plus qu’une entreprise dans cette petite ville qu’elle a fait grandir. C’est avant tout une grande famille. Une façon de penser. Une entreprise pour laquelle ses employés vouent une réelle dévotion. Et pourtant ses portes vont fermer. Le temps du rachat par un fond d’investissement est venu, effaçant les idéaux de Gaston Lecourt, un bâtisseur aux idées larges et au cœur pur dont la deuxième génération d’héritiers s’apprête à en faire un lointain souvenir. Parmi ces héritiers, Vincent qui traine derrière lui cette bien sombre histoire du 12 juillet 1998, étouffée dans un accord financier avec l’aide du père de Patrick, qui n’est autre que le maire de Vrainville. D’ailleurs Patrick est, aujourd’hui, lui aussi, maire de Vrainville succédant à son paternel. Tout ce petit monde a fait son chemin, trouvé sa place; sauf Maxime qui a abandonné ses études aux Beaux-arts puisqu’il n’est absolument plus capable de peindre quoi que ce soit depuis cette fameuse nuit. Il s’est fait engager comme mécanicien dans l’usine Cybelle est vivote tant bien que mal. Devenu aussi délégué syndical très actif au sein de l’entreprise, il ne connait que trop bien ce qu’implique cette vente. Vente de l’usine qui a lieu dans l’indifférence générale.

Tout le monde s’en fout. Alors, peut-être, ce qu’il faut, c’est un mort.

Ce que j’en pense…

Un livre très étonnant. Une grande fresque. Un petit goût de « bonheur des dames » d’ Emile Zola. L’aventure d’une époque, d’un village. L’histoire de gens, de vous, de nous. L’histoire d’un drame qui change toute votre vie. La leur, la sienne. L’histoire de secrets qu’on trainent derrière soi, qu’on pense enfoui, mais qui reviennent comme des boomerangs. Des tranches de vie piquée sur le vif. Un drame terrible qui pousse des personnes à commettre des actes plus terribles encore. Pas un thriller, un livre différent que j’aurai bien du mal à classer mais au final on s’en fout dans quel case il va. Perso, j’ai adoré traverser cette aventure dramatico-noire. Une plume, rohh la la… Une plume absolument fantastique qui m’a entraînée et totalement fascinée. Des mots qui s’enchainent comme une mélodie. Une capacité à raconter, à décrire absolument maîtrisée. Bref j’ai adoré et j’en redemande et en résumé, vous n’avez plus qu’à le lire pour comprendre !!!

Petite note perso à l’auteur: Bien apprécié le choix de l’emblématique Porsche Spyder 550 pour illustrer cette grande époque 🙂

spyder-550-ce-quil-nous-faut-cest

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