L’amante d’Etretat – S. Petrosky -2016

Extrait:

« Mon anniversaire est dans un mois, mais elle veut déjà que je choisisse des fringues. Trop cool, il y a si longtemps que l’on n’a pas passé vraiment du temps toutes les deux. La dernière fois, c’était lors des fêtes de fin d’année. Quand je l’ai eue au téléphone, il y a deux jours, elle avait l’air d’aller mieux, elle avait l’air sobre aussi. Quatre années qu’elle traîne cette dépression, qu’elle se laisse aller à boire un peu trop, mais là elle donnait vraiment l’impression d’être enjouée à l’idée de cette journée rien que nous deux. On va même se faire un resto le midi, la classe ! » « Isabelle entra chez sa mère sans frapper. Même si elle avait sa chambre d’étudiante à cent kilomètres de là, elle était toujours chez elle. -Maman, coucou, c’est moi, c’est Isa ! J’espère que tu es prête…Maman ? Aucune réponse. Isabelle se dirigea vers le petit salon dont la décoration n’avait pas changé depuis la mort de son père. Là, elle aperçut sa mère sur le canapé, le regard fixe, l’oeil hagard, la bouche ouverte, un filet de bave coulant sur son menton. -Maman, merde ! Tu fais chier, tu as encore bu…Il n’est pas dix heures du matin et tu es bourrée. On devait sortir toutes les deux ! Tu m’avais promis… »

Synopsis:

Le père d’Isabelle est alcoolique et violent. Sa mère et elle le subisse au quotidien jusqu’au jour ou ivre comme toujours, il se fait happer par un train. Sa mère ne se remet pas du décès de cet homme qui pourtant lui pourrissait la vie et sombre elle aussi dans l’alcool. Elle se détruit à petit feu et finit par décéder d’une cirrhose avancée. C’est en s’occupant des funérailles de sa mère qu’Isabelle rencontre Frédéric, thanatopracteur. Elle admire son travail et décide d’abandonner ses études de comptabilité et d’en faire son métier. Elle se fait engager comme stagiaire dans l’entreprise de pompe funèbre du père de Frédéric et commence sa formation. Très vite, Frédéric et elle tombent follement amoureux et ne tardent pas à se marier. Ils achètent une maison au bord de la mer avec toutes leurs économies et vivent pleinement, des années durant, leur magnifique relation d’amour fusionnel. Ils travaillent ensemble, vivent ensemble et ne se quittent jamais. Jusqu’au jour où… Frédéric, fanatique de planche à voile, part en mer et ne revient pas… Commence alors pour Isabelle une longue et terrible descente dans les abimes de l’enfer…

Ce que j’en pense…

Mal…se livre m’a fait mal, très mal… A peine 120 pages que j’ai pourtant failli ne pas pouvoir terminer. Sans aucun doute parce que les problèmes d’alcool ne me sont pas étrangers. Certainement aussi parce que je vis ce même type de relation totalement fusionnelle. Que la perte de mon mari, ça m’arrive d’y penser…souvent… et que cela me terrorise avant même que cela ne soit le cas… Comme une phobie…Que quelque part, je pourrai vraiment être Isabelle… Un livre bouleversant, terrifiant, criant de vérité. Un émotionnel pur et dur. Des tripes à foison ! Une plume magnifique qui nous transporte et nous emporte. Un livre qui traite de tout ce qui peut faire mal. L’alcoolisme et la violence qui déchire toute une famille. L’amour absolu et sa perte. Le deuil en lui-même mais aussi celui qui ne peut pas vraiment être, lorsque le proche ne peut pas être enterré, faute de retrouver le corps. La problématique administrative et financière qui suit un tel décès. Une claque, un train en pleine pomme, un convoi marchandises même, tant ça fait mal…Tant les mots nous emmènent au plus profond de nous, de ce que nous sommes, des peurs que nous trainons derrière nous, de la peur de ce que nous pourrions être ou devenir… J’ai détesté ce livre pour ce qu’il m’a fait. J’ai adoré ce livre pour ce qu’il m’a donné et pour son final qui m’a littéralement laissée sur le cul ! En fait, c’est juste ce que l’on attend, nous, lecteur. Qu’on nous malmène au travers d’écrits. Qu’on nous pousse, qu’on nous bouscule pour qu’un livre nous laisse une trace …indélébile et là, c’est très largement mission accomplie !!! Il part direct dans les coups de coeur ! Merci Stanislas – Sébastien pour ce petit chef d’œuvre, même si ça fait mal, qu’est-ce que c’était divinement bon et j’en veux encore….

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