Malphas 1 – P. Senécal -1998

« Le cas des casiers carnassiers »

Extrait:

« Qui tient lieu d’introduction et de mise en place »

« Ce gars-là n’a pas de vie sexuelle, j’en mettrais mon bras complet au feu. S’il en a une, il la consomme en solo. Je ne peux pas croire qu’il baise hebdomadairement une improbable épouse. Ou, alors, il n’a pas touché à sa femme depuis la publication du rapport Hite. Je sais qu’il ne faut pas se fier aux apparences, mais ce que dégage Rupert Archlax est aussi incompatible avec toute forme de libido qu’un hérisson l’est avec un lit d’eau. Non pas que ce quadragénaire avancé soit spécialement repoussant. Terne, oui, avec ses courts cheveux frisés poivre et sel, son menton large et flasque comme si tout le poids de son visage s’y concentrait, ses lunettes d’écaille d’un autre siècle qui agrandissent à peine ses petits yeux bruns inexpressifs, son complet beige un peu trop grand sur son corps plutôt mince. Mais pas spécialement laid. Seulement son aura est à peu près aussi stimulante que celle d’un lave-vaisselle. »

Synopsis:

Julien Sarkozy, 38 ans, professeur de littérature, quitte Drummondville suite à divers problèmes et un divorce difficile pour venir s’installer à Saint-Trailouin et enseigner au cégep Malphas. Il pense y trouver là une certaine sérénité mais comprendra, malheureusement, très vite que cet établissement est un endroit très particulier. Tous les élèves de Malphas sont des élèves que les autres cégeps ne veulent plus ou des redoublants, et pas mieux pour les professeurs qui forment, du reste, un panel haut en couleurs. Mais surtout… Malphas a été le théâtre d’étranges et sombres événements par le passé…. Il y règne d’ailleurs une drôle d’odeur. « Comme des relents du Paris du 18ème. » A peine la première semaine entamée, qu’un horrible événement se produit. Alors qu’une étudiante ouvre son casier pour y ranger ses affaires, un flot rougeâtre emplis de restes humains s’en déversent….qu’elle reconnaitra comme les restes de son ex petit ami… La police arrive sur les lieus, mène une pseudo enquête et repars, la vie du cégep reprend son activité comme si de rien était…jusqu’au lendemain ou rebelote ! Personne ne semble vraiment s’inquiéter…Et surtout pas la police… Julien, lui, est horrifié et se retrouve, par la force des choses, à mener sa propre enquête, très vite rejoint par Simon Gracq, le rédacteur en chef du journal de Malphas…

Ce que j’en pense…

Absolument unique en son genre. Un thriller humoristique ? Inclassable c’est certain, mais qu’est-ce que c’est bon ! Un autre registre pour Senécal ou il excelle tout autant ! J’ai littéralement adoré ! Un livre truffé de répliques savoureuses à souhait, caustique, un poil de fantastique, un humour ironique et sarcastique, une pincée de cul, des meurtres sanglants….Et des personnages… alors là les personnages…qu’est-ce qu’il a dû s’éclater à créer un panel pareil. Zazz l’enseignante anorexique « Elle est si maigre que logiquement le poids de sa tête devrait la faire plier en deux… et cette voix! Dieu du ciel, si elle jouit comme elle parle, j’espère que son amant vient avant elle! ». Mortafer qui note ses élèves dès le premier cours pour le reste de l’année puisque selon lui tout est fait à ce moment-là. Valaire « un être humain qui a laissé sa féminité à la maison » Mahanaha Hamahana, un juif (arabe ou haïtien on sait pas trop et on le saura sans doute jamais) qui joue le parano de la persécution. Bouthot, directeur de Malphas et roi du scrapbooking. (Ce qui occupe d’ailleurs tout son temps et expose ses albums lors de réunion) Archlax junior, le directeur pédagogique, DP ou comme Julien aime à l’appeler « Double Pénétration » Gracq, 25 ans, Rédacteur en chef du journal de Malphas, étudiant redoublant depuis…un nombre d’années certain. Avec sa syntaxe…comment dire… quelque peu déficiente qui fait, de chacun de ses dialogues, une œuvre d’art littéraire. Rachel Red, La Femme qui « respire le sexe », la proie inaccessible de tous les rêves de Julien. Et bien sûr Julien Sarkozy, héro et narrateur, puisque tout est écrit à la première personne. Ses réflexions acerbes et ironiques, son côté gentil bad boy, un peu pervers accro au sexe. Et pourtant, le seul qui semble, à peu près, saint d’esprit.

J’avais été avertie par l’auteur que la série « Malphas » était vraiment spéciale et peut être difficile à lire pour quelqu’un de non québécois. Peut-être que le Suisse est plus proche du québécois que le français mais en tout cas no soucis. J’ai peut-être raté quelques allusions politiques (ça ne m’a pas perturbée plus que ça), et pour le reste, j’ai absorbé, dévoré et qu’est-ce que je me suis marrée. Les répliques québécoises sont du pur bonheur, manque juste l’accent …tiens une version audio serait quelque chose !

Une histoire, au fond, un peu loufoque. Une touche de King, une pincée de Lynch. Le tout mélangé par la remarquable plume de Patrick Senécal et vous obtenez un truc indéfinissable mais jubilatoire qui glisse tout seul.

Suis définitivement conquise, adepte, fan, sous le charme…quel talent !

Me suis juste éclatée et yesss…. y a encore 3 volumes !!

Publicités

One thought on “Malphas 1 – P. Senécal -1998

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s